Dans la peau de Jeanne d’Arc, à la forteresse royale de Chinon

La forteresse royale de Chinon… Il suffit de prononcer ce nom pour me faire rêver et me transporter dans le temps. Comme je vous en parlais déjà dans mon article sur Le Clos Lucé et Léonard De Vinci, cette période de l’histoire m’inspire beaucoup. C’est d’ailleurs celle que je préfère, même si j’essaie d’en apprendre sur chacune. Jeanne d’Arc n’échappe donc pas à la règle. Comme beaucoup je pense, c’est une héroïne qui me fascine, et dont j’adore entendre parler. Impossible donc d’aller faire un premier séjour dans la vallée des châteaux de la Loire sans passer par le château de Chinon qu’elle a foulé il y a 591 ans.

Comme beaucoup de châteaux, celui de Chinon est construit sur un éperon rocheux. Il domine la Vienne et la ville. On a d’ailleurs un magnifique panorama une fois arrivés là-haut. Cette position stratégique lui permet de s’assurer le contrôle du passage sur la Vienne.

On distingue trois parties bien distinctes, que les rois ont appelé leurs trois châteaux. Ceux-ci sont stylisés sous la forme de trois tours sur les armoiries de la ville. D’ouest en est, l’éperon est barré par une série de douves sèches qui séparent les trois châteaux : le fort du Coudray, le château du Milieu, et le fort Saint-Georges. Chacun des trois châteaux possède une enceinte indépendante. C’est dans le château principal, celui du Milieu, que se développent les principaux logis et le prieuré Saint-Melaine.

Les fouilles archéologiques récentes ont trouvé des traces d’occupation du site depuis trois mille ans. Il faut attendre la fin de l’époque gauloise pour connaître un peu ses habitants. Un aristocrate guerrier gaulois a érigé sa demeure à l’emplacement de l’actuel fort Saint-Georges. Les archéologues ont retrouvé le fossé carré qui lui servait d’enceinte. A l’époque Gallo-Romaine, Chinon est déjà un petit bourg.

Jeanne d’Arc à Chinon

En 1419, les Anglais s’emparent de Paris, forçant Charles (futur Charles VII) à s’exiler à Bourges. Jeanne d’Arc arrive à Chinon le 23 février 1429 au terme d’une chevauchée de 470 kilomètres, effectuée en onze jours. Ce qui est quand même fou pour l’époque afin de parler au roi Charles VII. Cette rencontre est généralement décrite comme une scène mythique et miraculeuse; la Reconnaissance. Il n’en est rien, car il y a eu en réalité deux entrevues à Chinon. La première a lieu le 25 février 1429, deux jours après son arrivée. Elle est emmenée jusqu’à la chambre du roi et reçue en petit comité. On la loge dans le donjon du Coudray, où sa virginité sera vérifié pour assurer sa bonne foi.

Jeanne est à nouveau reçue par le roi dans sa chambre, entre le 27 mars et le 5 avril 1429. Cette seconde audience dite ‘du signe’, prend l’aspect officiel et public que l’on attribue généralement à la première. Elle marque la fin de l’enquête de Poitiers et tient lieu de présentation officielle de Jeanne. Elle apporte alors au roi une couronne en or qui était le signe matériel de sa promesse de mener le roi au sacre, puis elle se retire dans la chapelle voisine. Ceci s’est déroulé dans l’enceinte de la forteresse et marque un tournant décisif pour la guerre de Cent Ans.

La forteresse de Chinon accueille très souvent des expositions pour en faire découvrir un peu plus sur l’époque. Lors de ma visite, il y en avait une sur les femmes et leurs robes. C’est quelque chose qui reste très marquant pour moi car cette expo permet de se rendre encore un peu plus compte de la réalité des choses; les femmes de l’époque mourraient extrêmement tôt (20-30 ans), et très souvent en couche, ou à l’accouchement. A côté de chaque robe, on retrouve une brève biographie de sa propriétaire, avec son histoire et la cause de sa mort. C’était vraiment incroyable de découvrir cela.

Les 10 endroits stratégiques à visiter

📍 Le bâtiment d’accueil; le palais du Roi Henri II Plantagenêt
Situé à l’est du bâtiment d’accueil actuel, le palais du roi Henri II Plantagenêt s’est révélé entre 2003 et 2005 lors de fouilles archéologiques. C’est une découverte très importante. Il y a eu, en effet, très peu de palais de cette époque qui ont su traversé le temps. Il est protégé par une simple enceinte, sans tours, mais dans laquelle on pénètre par deux énormes portes, à l’est et à l’ouest. Ses vestiges sont actuellement préservés sous la terre, tandis que le rempart est encore visible et a été restauré.

📍 La tour du Moulin
Construite à la fin du XIIe siècle, la tour du Moulin est protégée par un mur périphérique en partie basse : une chemise. La salle du rez-de-chaussée est couverte par une voûte angevine très bombée et très rare dans les châteaux (plus répandue dans les églises). Trois archères s’ouvrent sous les arcs de la voûte; ce sont des postes de tirs qui permettent de protéger le pied de la tour. Le rez-de-chaussée de la tour ne communique pas avec le premier étage. Il présente quatre archères à niche. Le deuxième étage était largement ouvert sur l’extérieur avec ses six baies. Il était accessible par un escalier ménagé dans l’épaisseur du mur. Celui-ci, pourvu d’une archère, commandait l’accès à la terrasse sommitale.

📍 La tour du Coudray
Elle subsiste aux travaux effectués par Philippe Auguste après sa reprise de la forteresse aux Plantagenêt. C’est la plus haute tour du château, qui sert de tour de guet. Une porte verrouille le fort du Coudray, avec double herse et pont-levis.

📍 La tour de Boissy
Elle mesure une trentaine de mètres et tire son nom des gouverneurs de la Forteresse de Chinon au XVIe siècle. Elle est surmontée par une terrasse reliée à la tour du Coudray par un chemin de ronde.

📍 La tour des Chiens
La tour des Chiens est une tour en forme de fer à cheval. Elle a été construite sous le règne de Philippe Auguste. Elle comporte trois niveaux surmontés par une terrasse, accessible depuis le chemin de ronde. Des équipements tels que des fours à pain et des latrines sont établis juste à côté. Il pourrait s’agir des équipements nécessaires à la vie du roi Charles VII, pour son personnel par exemple.

📍 La tour de l’Echauguette
C’est la plus grosse tour de défense de l’angle nord-est de la Forteresse. Aujourd’hui, sa salle basse éventrée paraît suspendue sept mètres au-dessus du fossé. Ce niveau inférieur est une petite pièce circulaire dont le pilier central supporte une voûte et est équipé de deux ouvertures de tir. Un escalier menait à une salle médiane desservie par le chemin de ronde. Cet escalier se poursuivait pour mener à la plate-forme dont il est fait mention dans un document de 1626.

📍 La tour d’Argenton
En 1477, le roi Louis XI confie la Forteresse de Chinon à Philippe de Commynes, seigneur d’Argenton. Ce dernier renforce l’angle nord-ouest du château du Milieu en construisant une tour, qui résistera aux nouvelles armes à poudre. Ses murs font 5m d’épaisseur et des canonnières sont percées jusqu’au niveau le plus bas, à hauteur des fossés. Sa terrasse est située de plain-pied avec la cour du château du Milieu. Cette tour moins haute que les autres est moins fragile. La tour sera aménagée plus tard en prison.

📍 La tour de l’Horloge
C’est la nouvelle entrée fortifiée du château du Milieu créée par Jean sans Terre en 1200 lorsqu’il prépare la Forteresse à la guerre. Cette tour qui fait office de porte, est située en retrait du rempart, et est défendue par trois archères. La porte d’entrée s’ouvre dans l’une de ces archères et débouche sur un escalier droit.

📍 La tour du Trésor
Adossée au rempart sud du château du Milieu, la tour du Trésor a été construite par Henri II Plantagenêt pour abriter son trésor royal constitué de chartes et de documents. Aujourd’hui encore la tour abrite trois salles surmontées par une terrasse.

📍 Les Logis Royaux
Vers 1370, le duc Louis 1er d’Anjou entreprend la construction des logis. Il n’en reste aujourd’hui plus que l’aile sud, qui abritait un auditoire. Au temps de Charles VII, l’ensemble prend sa configuration définitive de trois ailes autour d’une cour. L’auditoire devient la grande salle du château, plus connue sous le nom de ‘salle de la Reconnaissance’. Le reste de l’aile sud était occupé par les appartements de Charles VII et son épouse Marie d’Anjou, au premier étage.

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